La Chine veut être le premier pays du monde à placer une centrale solaire en orbite – MICRO SOLAR ENERGY
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La Chine veut être le premier pays du monde à placer une centrale solaire en orbite

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La Chine prévoit d’envoyer une centrale solaire en orbite d’ici 2050. Si elle y parvient, elle deviendra le premier pays à réaliser une telle prouesse. Mais divers détails doivent encore être réglés, comme la réduction du coût de production de la centrale et le poids des satellites.

Dans la course à la production d’énergie renouvelable de masse, les centrales solaires photovoltaïques font partie des solutions les plus populaires. La seule condition étant d’avoir du soleil. La Chine, qui possède déjà plusieurs immenses installations sur son territoire, serait sur le point d’outrepasser cette limitation.

D’ici 2050, le pays prévoit de placer en orbite une station exclusivement composée de panneaux solaires. Dans l’espace, pas de nuages, de saisons et de cycles jour/nuit. Le soleil brille sans interruption. De quoi produire de l’électricité en continu. Si elle atteint son objectif, la Chine deviendra la première nation à réaliser cette prouesse.

Avant d’en arriver là, il lui faut déjà développer la technologie qui permettra de capter l’énergie solaire pour la transférer sur terre, puis envoyer cette technologie outre-atmosphère. Une tâche complexe qui prendra du temps. Selon le quotidien d’État China Daily, un site d’essai, qui servira à déterminer la meilleure manière d’y arriver, est actuellement en construction dans la ville de Chongqing, dans le sud-ouest du pays.

Une idée qui a 40 ans

L’idée de capter les rayons du soleil depuis l’espace n’est pas nouvelle. Elle date en fait des années 1970, mais les limitations de l’époque ont empêché toute avancée. De nos jours, le développement de la transmission sans-fil et l’optimisation de la productivité des panneaux solaires permettent d’envisager à nouveau la création de centrales spatiales.

L’augmentation importante de la population mondiale pourrait également être un des facteurs de regain d’intérêt de cette production illimitée d’énergie. Avec la barre des 9 milliards d’habitants atteints d’ici 2050, les pays surpeuplés et ceux ne bénéficiant pas d’un ensoleillement important risquent d’avoir rapidement besoin de ce type de technologie.

Pour l’instant, la Chine n’a pas communiqué de détails techniques à propos de son projet. Interrogé par NBC, John Mankins, ancien physicien de la NASA spécialiste du sujet, explique qu’une manière de capter les rayons du soleil consisterait à envoyer des milliers de “satellites solaires”, liés pour former un genre de superstructure conique, placée en orbite géostationnaire.

Des chiffres vertigineux

L’énergie récupérée par les panneaux serait envoyée en micro-ondes à des récepteurs sur terre, installés vers des zones peu habitées (zones agricoles, lacs, déserts…). Une installation de ce type pourrait générer environ 2 000 gigawatts. A titre de comparaison, les plus grosses centrales solaires, en Inde et en Chine, produisent entre 1,3 et 1,6 gigawatts. Mais pour y arriver, il faut encore régler quelques détails. La question de la réduction du poids des panneaux solaires, encore trop lourds pour être envoyés facilement dans l’espace (comptez environ 20 kg le mètre carré), en fait partie.

Si la Chine n’a pas détaillé combien elle comptait dépenser pour sa station solaire orbitale, les estimations de John Mankins font tourner la tête. Il évoque 150 millions de dollars (133 millions d’euros) par pièce pour les essais, et pas moins de 10 milliards de dollars (presque 9 milliards d’euros) par satellite. Sachant qu’il en faut plusieurs milliers, la facture risque d’être salée !